1958,
Réalisateur Hervé Bromberger,
Plateau B.Blier, M.Robinson, R.Pellegrin
Vu au petit matin du 11 Novembre 2020,
C’est un scénario un peu déroutant.
D’abord Blier le bandit héros est abattu, rapidement il disparaît de l’écran le temps d’un chapitre ou deux le donnant pour mort et de recoller à sa légende de raclure increvable. Durant tout ce long temps tout les seconds couteaux occupent le terrain et l’écran.
On en dira donc un truc, il revient de son exil doré, incognito, là où apparemment rien ne l’y obligeait, les bouclards de ses filouteries de la belle époque dont il revisite avec nostalgie les exploits épinglés dans une jolie série d’albums de photos de famille, rapportent et livrent leur rente. Vu le déroulé rapide des événements, il reviendrait donc pour y crever, pour mourir de sa belle mort de bandit, pour écrire le dernier chapitre de sa légende, « se faire payer », se payer la bête. Rien là qui casse des briques, quelques bonnes répliques égrenées de-ci de-là quand même, à la Audiard.
Ce qui surprend tout autant, durant le déroulé de la bobine et par l’effet boomrang de décantation de son visionnage, c’est la double histoire qui est annoncée dès le retour du gangster qui ronge les freins de sa belle américaine de rappeler à la populace que c’est encore lui lechef testostéroné, avec l’apparition des infirmières et un échange salace.
Alors oui, si on s’attache à superposer les deux récits, les histoires de gâchette servent un beau témoignage du rapport du masculin et du féminin, de l’homme à la femme, violent, avec le maniement très zélé de la paire de baffe, ou avec le rappel à sa condition d’objet de plaisir, de proie, de trophée, de possession, de passe-temps, alors qu’elle est encore fraîchement aspirante à un plus de liberté hérité de deux guerres. S’il fallait le rappeler, à cette encore belle époque elle n’a toujours aucun droit économique, pas de compte en banque en son nom, pas de chéquier, pas d’autonomie de décision quant à ses choix de dépense d’argent, …
C’est un peu aller vite en besogne. Mais Simone est passée par là.
La femme libre -somme toute relativement, mais tout de même, il n’y en a que très peu ; c’est la cocotte, la poule, la pute, la célibataire volontaire vieillissante vieille-fille, enfin la veuve.
Les deux scènes de fin des deux histoires menées en parallèle résument ce constat avec trois portraits de femme,
Une cheftaine de service toute ronde qui risque sa vie pour s’assurer de sauver celle des moustaches de son minet -un chat pas un zazou,
La tenancière de bar-à-entraîneuses couverture de claque, déjà libre de disposer de ses biens matériels immobiliers et spirituels cadeaux de la nature, elle se sort une fois pour toute de ce guêpier totalement affranchie, devenant veuve et propriétaire sans usufruit sans plus aucun partage,
Quand à la donzelle infirmière apprentie sauveur de l’humanité, elle se lance dans une carrière de putain sociale en ayant réussi le tour de passe-passe de croire à ses sentiments d’amour et de les faire accroire à son chirurgien qui l’enlève dans sa tuture, …