1942,
Réalisateur Georges Lacombe,
Plateau Raimu, A.Clariond, Bergeron,
Vu au petit matin du 11 Septembre 2020,
Par ce qu’il y a des jours et des lunes par ce que c’est un film en N&B par ce qu’il est daté d’une année toute sauf au neutre dans le travail des images du cinéma par ce que c’est le plus grand acteur du parlant français qui occupe tout l’écran,
C’est ainsi que je regarde ce qui intrigue,
un film doublement estampillé -1942, Raimu à l’affiche.
La France est divisée en zone dite-libre et en zone-occupée des armées nazies et de la collaboration, Gabin s’est exilé de sa terre natale pour s’engager activement dans la guerre à ses ennemis, le septième art a été expurgé de tout ses noms juifs de la lumière et de l’ombre, Pagnol qui en a fait une encore plus grande vedette a revendu ses studios pour ne pas être forcé de servir la propagande, mon grand-père paternel ingénieur mécanicien de l’aéronautique est partit pour Londres avec son biplan de papier mâché rejoindre Pierre Dac and co. alias André Isaac alias Furax, Raimu, lui a tourné,
Ça questionne, ça déçoit quand même un peu, même s’il a peu commis, notemment un film magnifique avec des noms oubliés comme Mouloudji à la gueule de métèque, Jean Tissier, Noël Roquevert, Max Revol, le patriarche Gelin, Simone Sylvestre, la future grande Martine Carol dont la filmographie fait apparaître la même année un film ouvertement antisémite, enfin son réalisateur Henri Decoin …
Il brille dans ce film.
On ne voit que lui par ce qu’il n’y a que lui, les autres qui lui renvoient la balle sont à deux exceptions près des visages des noms inconnus aux bataillons de la Stardust memory industry et de ses figurants.
J’enchaine les bobines, je regarde, je scrute, je cherche, un truc, un indice, c’est la dernière tirade qui referme le film qui la donne, le héros un va-nu-pieds de la rue s’emporte de ses illusions perdues de richesses de monnaies qu’il se croyait promises et se comptaient par centaine de milliers en dollars, en livres sterling, en lire, en francs, … argent bon argent qui sert la transaction l’évasion l’affranchissement de toutes les frontières pour circuler comme on veut au gré du vent et de ses alliances de circonstance, toujours cette internationale juiverie ici innomable mais représentée métonymiquement par son Psoleth, et sa disparition, tout ça donc s’est envolé, rêve, fantaisie, projet, horizons lointains et prometteurs d’une bonne fortune sociale rétablie.
Voilà l’histoire.
Le film est sec, asséché, aucun gras, aucune couleur ne changerait rien à sa coloration en négatif, tout est de mise, les décors, la mise en scène, les déplacements de corps, les muscles tendus, aucune spontanéité, creativité, liberté, l’inventivité de la vie que sait si bien préfabriquer le cinéma est chatrée, les prises de vue, tout est à l’économat, ce qui s’entend, ce qui ne s’entend pas mais se sent, se renifle, c’est le semblant, nous sommes dans les films de ghetto, dans le documentaire servant de témoin de la Croix-Rouge qui sortit de la ouatte mortifère de ses alpages a joui de se faire berner à Theresienstadt.
Un truc mérite, un truc en plus qui s’ajoute à déjà ce qu’au-dessus ça a pu stimuler de gamberge, c’est une scène avec le héros, La Souris de son petit nom et une femme.
Il raconte son malheur la source le déroulé le déroulement de son état de pauvre, de pauvre bougre -l’autre une femme une folie à deux pour lui tout du moins l’argent dépensé elle est partit il est resté seul et il y a mis en lieu et place un chagrin une mélancolie dans laquelle il patauge depuis, une demeure éventrée ouverte aux quatre vents et qu’il hante en lambeaux, …
La dame donc qui l’interroge sur son passé qui transparaît dans son allure et sa distinguée parole le lui fait raconter, quand la rencontre se ponctue, elle qui vient de l’assistance publique lui offre de faire quelque chose pour lui, alors il lui dit ses mots qui répètent l’idée de la scène jouée juste avant d’une charité qui par son énoncé même serait déshonorante :
« Sûrement pas ! (il faudrait ici accentuer la ponctuation pour bien laisser retomber le fracas des deux bouts qui font la phrase),
Vous allez tout gâcher ».
Raimu c’est lui notre clodo chic notre clodo plein d’humanité bonne pâte bonne chaire, parle avec dans la prunelle fixe de ses yeux l’étincelle d’un mélange d’éclat passé et d’une tristesse absorbante, …
C’est ça la Jouissance de la plainte, là où elle sert dans son endroit et son envers, là où elle sort et retourne de la poche gousset d’où elle sort où autrefois sans doute une montre avec dans l’intérieur creusé du couvercle se logeait le portrait de sa belle d’où depuis le temps ne cesse de se rejouer sans plus qu’aucune aiguille n’aie besoin de rythmer mémoire et avenir, héritage et projet, et la congédier pour cause de chômage technique.
Un truc en plus en cadeau au gré du changement de bobine, comme quoi l’inconscient d’un artiste d’un écrivain de celui qui en a commis le script et les dialogues qui en a prémonté toutes les sornettes de cette histoire avec la complicité assurée de son inconscient, notre héros des rues des trottoirs des beaux quartiers partage un logement de fonction, avec un colocataire, il porte le nom poétique de son si attachant malheur qu’il ne voudrait pour rien au monde qu’on le lui enlève sous couvert d’une quelconque promesse capitaliste de bonheur-à-la-coupe ….
Cupidon, …
