Scope 3, Quatre mariages, Un enterrement,

Ô sublime ratage du sublime … Quel « Beau Dommage »,

Vu le 03 Mars 2020,

Ils viennent de raccrocher leur combiné chacun de leur côté, simultanément ou en décalé l’un faisant trainer la suspension des échos de leurs chants, de leurs mots, rendez-vous est pris. Le jour J. compte en heure H. 72, 48, 24, les tout petits qui ne connaissent que Nounours pour qui les accords de temps restent encore abstraits sont invités à se représenter l’attente en unité de dodo, 

Coiffeur, manucure, dentelle, les effluves d’un nouveau sent-bon, la belle se fait la plus belle pour cet homme qu’elle attend, qu’elle espère, qu’elle désire. Il lui a dit d’organiser le lieu du dîner -je m’occupe du reste. Il vient de très loin, des fuseaux horaires, des mers, des continents, des pays, il doit enjamber tout ça chaussé de ses bottes-de-sept-lieux pour qu’ils se rejoignent, se retrouvent, se trouven,

On y est presque,
C’est là, c’est maintenant, ce soir, on est matin, on est midi, on est après-midi, quinze, seize, dix-sept, les aiguilles s’emmêlent, se chamaillent, heure, dizaine, minute, le cœur rythme un souffle de plus en plus haletant. Le bruit d’un pneumatique qui vient d’arriver dans la boîte à lettre de son portable annonce un message.
Malgré la fermeture de tous les accès possibles, une lettre arrive, se déplie, des mots déployent des mots, «
« –Entends-moi,
Et puis voilà, celui de la fin,
« –Je t’ai cherché partout, avec chacune, chaque vie passée, entassée, empilée, traversée, chaque aimée, c’est toi que j’essayais revoir, reprendre, … 
Je serais venu, vois-tu, je n’aurais pas pu repartir, retourner de là d’où je viens, à celle que j’allais embrasser adieu pour lui dire au revoir et t’éteindre,

« -Je n’aurais pas pu repartir, … »

Ils se sont connus, ils se sont aimés, libres ils se pensaient, ils étaient tout jeune. Chacun s’en est allé, elle s’est mariée, a eu des enfants, s’est séparée, il en a rencontré une autre, il l’a aimé, l’a désaimé, puis une seconde, une troisième, avec chacune il a vécu une vie pleine, un marriage, des descendances, il en est à quatre.

Il l’a dit, ses mots sont sans équivoque, et pourtant, …
Entend-il, vraiment, au plus profond de son être, ce qu’il dit, quelle anguille se planque sous roche au point de ne pouvoir s’en extirper, d’en être délogée, limogée .. Quelle est sa peur, celle du malheur, ou bien celle du bonheur, de se faire du bien, de s’aimer soi-même jusqu’au point de s’autoriser, se permettre, pourquoi ça rejoue sur une même scène du Théâtre ce soir, avec presque tout à l’identique, la distribution, les costumes de Donald Cardwell et les costumes de Roger Harth, juste en accéléré, du début à la fin, quel est ce déjà-vu …

La prison plus que la liberté, le risque se libérer de ses jougs, d’allers vers son autre qu’il a tenu à distance si longtemps … 

C’est sous la douche que le titre m’est venu me souvenant de ce groupe de chanson canadien, québécois plus exactement, interprète cotonneux de la mélancolie …

Allé sans retour.

Ô sublime ratage du sublime … Quel « Beau Dommage »,

Vu le 03 Mars 2020,

Ils viennent de raccrocher leur combiné chacun de leur côté, simultanément ou en décalé l’un faisant trainer la suspension des échos de leurs chants, de leurs mots, rendez-vous est pris. Le jour J. compte en heure H. 72, 48, 24, les tout petits qui ne connaissent que Nounours pour qui les accords de temps restent encore abstraits sont invités à se représenter l’attente en unité de dodo, 

Coiffeur, manucure, dentelle, les effluves d’un nouveau sent-bon, la belle se fait la plus belle pour cet homme qu’elle attend, qu’elle espère, qu’elle désire. Il lui a dit d’organiser le lieu du dîner -je m’occupe du reste. Il vient de très loin, des fuseaux horaires, des mers, des continents, des pays, il doit enjamber tout ça chaussé de ses bottes-de-sept-lieux pour qu’ils se rejoignent, se retrouvent, se trouven,

On y est presque,
C’est là, c’est maintenant, ce soir, on est matin, on est midi, on est après-midi, quinze, seize, dix-sept, les aiguilles s’emmêlent, se chamaillent, heure, dizaine, minute, le cœur rythme un souffle de plus en plus haletant. Le bruit d’un pneumatique qui vient d’arriver dans la boîte à lettre de son portable annonce un message.
Malgré la fermeture de tous les accès possibles, une lettre arrive, se déplie, des mots déployent des mots, «
« –Entends-moi,
Et puis voilà, celui de la fin,
« –Je t’ai cherché partout, avec chacune, chaque vie passée, entassée, empilée, traversée, chaque aimée, c’est toi que j’essayais revoir, reprendre, … 
Je serais venu, vois-tu, je n’aurais pas pu repartir, retourner de là d’où je viens, à celle que j’allais embrasser adieu pour lui dire au revoir et t’éteindre,

« -Je n’aurais pas pu repartir, … »

Ils se sont connus, ils se sont aimés, libres ils se pensaient, ils étaient tout jeune. Chacun s’en est allé, elle s’est mariée, a eu des enfants, s’est séparée, il en a rencontré une autre, il l’a aimé, l’a désaimé, puis une seconde, une troisième, avec chacune il a vécu une vie pleine, un marriage, des descendances, il en est à quatre.

Il l’a dit, ses mots sont sans équivoque, et pourtant, …
Entend-il, vraiment, au plus profond de son être, ce qu’il dit, quelle anguille se planque sous roche au point de ne pouvoir s’en extirper, d’en être délogée, limogée .. Quelle est sa peur, celle du malheur, ou bien celle du bonheur, de se faire du bien, de s’aimer soi-même jusqu’au point de s’autoriser, se permettre, pourquoi ça rejoue sur une même scène du Théâtre ce soir, avec presque tout à l’identique, la distribution, les costumes de Donald Cardwell et les costumes de Roger Harth, juste en accéléré, du début à la fin, quel est ce déjà-vu …

La prison plus que la liberté, le risque se libérer de ses jougs, d’allers vers son autre qu’il a tenu à distance si longtemps … 

C’est sous la douche que le titre m’est venu me souvenant de ce groupe de chanson canadien, québécois plus exactement, interprète cotonneux de la mélancolie …

Allé sans retour.

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