Du jour 220420 רק היום

Nous vivons une grande époque, celle de la lâcheté généralisée, celle où deux cents ans plus tard les Couilles-molles ont pris la place des Sans-culottes. Ce matin, je repense à mes tchèques qui apparemment chérissent de nouveau trente ans plus tard la couleur rouge comme ex- voto collectif, se ventent de leur auto-punition de leur auto-censure de leur auto-flagellation -Ça fait mal, putain que c’est bon (!), et ceux qui dérogent à cette assignation de la vénération de la mort sont des lâches, des traitres, et méritent bien le pire des sorts.
 » Mon Dieu mon Dieu… » baragouine à peine audible le portier du Grand Restaurant de Septime alias Louis de Funès …
Ce pays honorable de sa dissidence, de son quasi seul et unique courageux président, lui qui fumeur invétéré, grand buveur de blondes, amoureux des femmes, de la vie, de l’amour, l’a vécu de manière acharnée comme le vieux Salomon de Gary -jusqu’à son dernier souffle de cancéreux. La peur -réelle, la peur de la mort, de mourir, de la torture, du cachot, lui il l’a vécu.

Je repense à un dernier héros avant le glissement de terrain actuel, Carlos, non pas le criminel sud-américain, mais la nouvelle incarnation du Gentleman-cambrioleur qu’il sert bien plus fidèlement par l’élégance et l’intelligence que la récente et ridicule ré-interprétation télévisuelle à la sauce de la bien-pensance -Carlos Ghosn, le libanais.
Mais c’est ça aussi, probablement plus que tout qu’on lui a reproché. Le mirroir de sans-couilles qu’il a renvoyé à ses paires et à la société au complet dans ses allées et ses parterres quand cet homme de la toute-puissance politico-fiancière a été capable de se comporter comme un homme, un courageux, de prendre son sort en main, de risquer sa vie, d’organiser son évasion d’un pays de corruption industrielle à l’échelle de l’état où mafia et grandes familles s’échangent les geishas avec en dédommagement moral un couple de toujours vieux monarques hors-sol, un saint père et une sainte vierge.
Il en a été de même pour l’affairiste Tapie capable de jouer au passe-muraille et de changer de registre selon les tables de jeu auxquelles il s’invitait. C’est ce qui a plu, c’est ce qui l’a maintenu, cette capacité de résistance et d’action.
Nous vivons l’avènement d’une nouvelle époque, celle des peureux, des chiasseux, des lâches.

Clint l’a dit dans un entretien au magazine américain Esquirer « Nous vivons à l’époque des lèche-cul, nous marchons sur des oeufs. » Dans le texte pure jus ça donne pour ceux qui douterait « That’s the kiss-ass generation we’re in right now. We’re really in a pussy generation. Everybody’s walking on eggshell

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